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Entre nous

Un soir d'été, un soir habituel pour beaucoup d'entre vous. Ce soir là pour moi un torrent  s'est levé, pourtant la journée avait été douce et calme, rien ne laissait présager cette violence pas même la sonnerie limpide du téléphone. Depuis, j'essaie désespérement d'accoster sur une autre rive, là où une certaine sereinité doit exister, c'est pourquoi à partir de maintenant je vais écrire, en espérant que la rencontre avec les autres pourra se faire. Il est doux de penser que les autres sont là, peut être pas encore submergés ou tout juste sur le point d'accoster sur cette rive eux aussi. J'aimerais dans le secret de mon coeur qu'une main se tende  pour m'emporter sur le rivage de la sagesse, poussée comme un galet, doucement avec délicatesse, afin que la souffrance s'atténue, cette main symbolique se serait la tienne mon fils.
Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 22:23

Elle s'appelait Topaze, c'était un joli nom gracieux, élégant, tout en finesse comme son profil, ses petites pattes si fragiles lorsqu'elle était bébé; c'était un cadeau de mon fils à sa femme pour que se soit plus facile pendant le temps si long des mois passés loin de la france, loin de sa femme. Ce petit animal tout en vivacité, en intelligence je l'avais aimé à l'instant même où je l'avais vu, et pourtant ce jour là, elle s'était précipitée sur mon tapis pour y laissé sa trace. Je me souviens de ses courses folles dans le jardin de l'époque, de son comportement proche de celui des humains par instant. Longtemps seule, à la naissance du petit bout d'amour elle avait éprouvé de la jalousie et essayait de garder des privilèges, plus tard il lui arrivait même de grogner lorsque le petit s'approchait trop. Aujourd'hui elle s'est fait écrasée, je suis triste, très triste parce que cette petite chienne me parlait aussi de mon fils, mes souvenirs pour certains étaient liés à elle. Cette après midi elle s'est envolée, peut être quelque part où elle était attendue, dans un espace bien à elle, mais elle va me manquer beaucoup et longtemps. Cela peut paraître ridicule d'avoir du chagrin pour un animal mais ces derniers sont porteurs de souvenirs, de joie et d'amour. Elle était une petite partie de mon univers. Les larmes coulent souvent ces temps si, par moment j'ai l'impression que le sort s'acharne malgré tout ce que je mets en place pour que la souffrance s'apaise, pourquoi est ce ainsi, qu'avons nous fait pour avoir si mal? Je n'ai pas encore accepté de te laisser partir petite Topaze, cela viendra je le sais, aucune douleur ne sera la même que pour mon enfant, mais ce soir  ta mort me ramène à la sienne parce que lui aussi t'aimais. Va en paix petite mère, nous sommes plusieurs à t'accompagner par la pensée, même dans l'univers qui est le tien depuis quelques heures tu n'es pas abandonnée.

Par eve - Publié dans : toutlahaut
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Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /Fév /2007 22:57

18 mois aujourd'hui, 18 mois que tu n'es plus là. Tous ces jours, ces mois sans toi, tout ce temps dont je me souviens presque minute après minute. Comment puis je dire "sans toi", puisque tu es plus présent que n'importe qui, tu es là au creux de mon ventre sous la forme d'une douleur qui se transforme mais qui veille jalousement à ne pas s'échapper. 18 mois d'une peur terrifiante, celle de ne plus me rappeler ton rire, tes sourires, ton gestuel, et tout ce qui faisait que tu étais toi avec ta personnalité faite de passions, de vie à donner le tourni, de colère parfois. Toute cette vie que tu croquais à pleine dents comme si tu pressentais qu'elle serait courte. Ce soir je suis triste, les larmes coulent, mais nous sommes devenues amies, elles connaissent bien le chemin, le rythme du chagrin, nous nous sommes apprivoisées elles et moi. Parfois j'aimerai qu'elles cesse de couler, mais elles n'ont que faire de ma lassitude, elles se tarissent seulement lorsqu'elles sentent que je suis épuisée, prête à chavirer, alors enfin elles cessent d'abreuver mon visage comme à regret. J'ai souvent le sentiment que tu m'as emporté avec toi tellement le vide s'est fait en moi, comme s'est difficile d'accepter de vivre "avec cela" lorsque l'on est une maman, juste une maman avec malgré la réalité, l'impossibilité d'accepter cette horreur.

Tous les 11 de chaque mois je pense à ta mort même si je n'écris pas, je sais dès le matin au réveil que nous sommes le 11, qu'un mois de plus c'est écoulé. Combien de mois, d'années vais je encore compter?

Tu étais mon fils, mon enfant, mon coeur s'est fendu il y a 18 mois aujourd'hui et je sais qu'il n'y aura pas de réparation possible, juste un accommodement.

Par eve - Publié dans : toutlahaut
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Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /Déc /2006 17:49

Le soleil scintille ce soir,

L'enfant  les yeux brillants

offre ses bras aux cadeaux

Qui se reflètent dans son regard,

Mirettes toutes noires, mais si bleues ce soir.

La chaleur des autres m'emporte

guidée par la lumière des yeux de l'enfant.

Je suis aussi émerveillée que lui

Auprès de cette famille dont la porte s'est ouverte

lors de ma nuit à moi, pour me porter

vers cette autre nuit d'aujourd'hui

Toute illuminée d'amour et de bonté.

Les bougies s'essouflent, mais ne désirent pas

Quitter encore la table, où gît éparpillé

Les restes du diner au milieu des papiers froissés.

L'enfant s'endort, bercé par des bras

doux comme une rivière d'automne,

La maman s'épanouie, les lumières baissent les paupières

La sérénité va veiller sur cette nuit sans pareil

Et nous redonner une âme nouvelle

En cette soirée de  Nolan dont le regard

si tendre va nous porter jusqu'à l'an prochain. 

Par eve - Publié dans : toutlahaut
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /Déc /2006 18:45
Ce soir comme tous les soirs, toutes les nuits je pense à toi. Probablement parce que les fêtes sont très proches. Où es tu mon fils, mon petit garçon, y a t il réellement quelque chose quelque part, est il préférable de se l'imaginer pour avoir moins mal? Tu me manques cruellement, bizarrement même si ton frère est vivant c'est à toi que je pense le plus, les morts sont plus présents que les vivants, ils prennent une place immense, c'est âussi la façon d'exister qui leur appartient. Je suis sereine lorsque je vais dans la ville près du fleuve où tes cendres s'en sont allées au gré du vent, au gré du temps. Il existe de ce côté de la ville un frémissement de vie qui n'appartient qu'à toi, je sais que tu es là. C'est étrange, il y a quelques années j'avais photographié ce viel immeuble démoli depuis. Je me souviens de cet endroit parce qu'il y avait sur le mur ,un vieux mur briard une gouttière, toute en zinc, abimée, bosselée mais avec une présence inouïe, et sous cette gouttière une herbe toute fine qui essayait de survivre au milieu des cailloux, des gravats, et seule la gouttière venait l'abreuver, avec en fin de journée certainement quelques rayons de soleil pour la réchauffer. Une émotion sans pareil s'était emparée de moi et j'avais fais une photos car cette vision parlait de la vie. J'ai su plus tard, bien plus tard, que vous aviez un rêve, celui d'acheter un appartement justement là. Aujourd'hui, je sais que le vide ne se comblera jamais, pas pour une maman. J'essaie de vivre parce que mes pensées, mon deuil sont à moi, mais il y a la vie et comme cette petite fleur je tente de survivre pour moi, pour les autres, ceux qui m'aiment et dont je ne peux me passer car je les aime aussi. Il me reste du temps qui sait, pourquoi ne pas fleurir un jour à l'amour au bonheur d'être deux, j'aimerai cela je crois.
Par eve - Publié dans : toutlahaut
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Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /Déc /2006 15:07

Savez vous que notre socièté

En tout bien tout honneur

S'est dotée depuis quelques années

D'un objet usuel et futile

Pardon, fort utile

Le répondeur!

Quelle n'est pas notre surprise

Au décours d'un appel

Croyant trouver l'interlocuteur

De tomber sur le répondeur.

Le mot tomber n'est pas une méprise

Même s'il ne laisse pas sans surprise

Répondeur est un bien grand mot me direz vous

Plutôt enregistreur

et si l'on disait pour compliquer le tout

Répondeur -Enregistreur.

Vous semblez perplexe

Vous n'aimez pas du tout

Peut être que je le vexe

Le traiter ainsi, au rang d'une machine

Simple répondeur, je l'imagine

Mais enregistreur, quelle horreur!

Et si de colère il coupait le son

Le nôtre bien entendu

Puisque du sien, il n'est question

Le problème est ardu.

Quand je pense qu'il est dit

Des mauvaises langues, j'en suis marrie

Que personne n'écoute personne!

Et pourtant lorsque ça sonne

Qui répond?

Votre ami, de jour comme de nuit

Et pas question de mauvais caractère

Il se pourrait qu'il vous apostrophe

Phrases simples et claires

Sinon garde,  il répèterait le contraire.

De n'avoir pas compris sa fonction

Vous pourriez être sanctionné

Une si belle invention

Nous doit d'être attentionné

Ainsi je dois me taire

Sinon je serai traitée

Comme mes ainés, d'arriérée

Par eve - Publié dans : réflexions
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