Elle s'appelait Topaze, c'était un joli nom gracieux, élégant, tout en finesse comme son profil, ses petites pattes si fragiles lorsqu'elle était bébé; c'était un cadeau de mon fils à sa femme pour que se soit plus facile pendant le temps si long des mois passés loin de la france, loin de sa femme. Ce petit animal tout en vivacité, en intelligence je l'avais aimé à l'instant même où je l'avais vu, et pourtant ce jour là, elle s'était précipitée sur mon tapis pour y laissé sa trace. Je me souviens de ses courses folles dans le jardin de l'époque, de son comportement proche de celui des humains par instant. Longtemps seule, à la naissance du petit bout d'amour elle avait éprouvé de la jalousie et essayait de garder des privilèges, plus tard il lui arrivait même de grogner lorsque le petit s'approchait trop. Aujourd'hui elle s'est fait écrasée, je suis triste, très triste parce que cette petite chienne me parlait aussi de mon fils, mes souvenirs pour certains étaient liés à elle. Cette après midi elle s'est envolée, peut être quelque part où elle était attendue, dans un espace bien à elle, mais elle va me manquer beaucoup et longtemps. Cela peut paraître ridicule d'avoir du chagrin pour un animal mais ces derniers sont porteurs de souvenirs, de joie et d'amour. Elle était une petite partie de mon univers. Les larmes coulent souvent ces temps si, par moment j'ai l'impression que le sort s'acharne malgré tout ce que je mets en place pour que la souffrance s'apaise, pourquoi est ce ainsi, qu'avons nous fait pour avoir si mal? Je n'ai pas encore accepté de te laisser partir petite Topaze, cela viendra je le sais, aucune douleur ne sera la même que pour mon enfant, mais ce soir ta mort me ramène à la sienne parce que lui aussi t'aimais. Va en paix petite mère, nous sommes plusieurs à t'accompagner par la pensée, même dans l'univers qui est le tien depuis quelques heures tu n'es pas abandonnée.
18 mois aujourd'hui, 18 mois que tu n'es plus là. Tous ces jours, ces mois sans toi, tout ce temps dont je me souviens presque minute après minute. Comment puis je dire "sans toi", puisque tu es plus présent que n'importe qui, tu es là au creux de mon ventre sous la forme d'une douleur qui se transforme mais qui veille jalousement à ne pas s'échapper. 18 mois d'une peur terrifiante, celle de ne plus me rappeler ton rire, tes sourires, ton gestuel, et tout ce qui faisait que tu étais toi avec ta personnalité faite de passions, de vie à donner le tourni, de colère parfois. Toute cette vie que tu croquais à pleine dents comme si tu pressentais qu'elle serait courte. Ce soir je suis triste, les larmes coulent, mais nous sommes devenues amies, elles connaissent bien le chemin, le rythme du chagrin, nous nous sommes apprivoisées elles et moi. Parfois j'aimerai qu'elles cesse de couler, mais elles n'ont que faire de ma lassitude, elles se tarissent seulement lorsqu'elles sentent que je suis épuisée, prête à chavirer, alors enfin elles cessent d'abreuver mon visage comme à regret. J'ai souvent le sentiment que tu m'as emporté avec toi tellement le vide s'est fait en moi, comme s'est difficile d'accepter de vivre "avec cela" lorsque l'on est une maman, juste une maman avec malgré la réalité, l'impossibilité d'accepter cette horreur.
Tous les 11 de chaque mois je pense à ta mort même si je n'écris pas, je sais dès le matin au réveil que nous sommes le 11, qu'un mois de plus c'est écoulé. Combien de mois, d'années vais je encore compter?
Tu étais mon fils, mon enfant, mon coeur s'est fendu il y a 18 mois aujourd'hui et je sais qu'il n'y aura pas de réparation possible, juste un accommodement.
Le soleil scintille ce soir,
L'enfant les yeux brillants
offre ses bras aux cadeaux
Qui se reflètent dans son regard,
Mirettes toutes noires, mais si bleues ce soir.
La chaleur des autres m'emporte
guidée par la lumière des yeux de l'enfant.
Je suis aussi émerveillée que lui
Auprès de cette famille dont la porte s'est ouverte
lors de ma nuit à moi, pour me porter
vers cette autre nuit d'aujourd'hui
Toute illuminée d'amour et de bonté.
Les bougies s'essouflent, mais ne désirent pas
Quitter encore la table, où gît éparpillé
Les restes du diner au milieu des papiers froissés.
L'enfant s'endort, bercé par des bras
doux comme une rivière d'automne,
La maman s'épanouie, les lumières baissent les paupières
La sérénité va veiller sur cette nuit sans pareil
Et nous redonner une âme nouvelle
En cette soirée de Nolan dont le regard
si tendre va nous porter jusqu'à l'an prochain.
Savez vous que notre socièté
En tout bien tout honneur
S'est dotée depuis quelques années
D'un objet usuel et futile
Pardon, fort utile
Le répondeur!
Quelle n'est pas notre surprise
Au décours d'un appel
Croyant trouver l'interlocuteur
De tomber sur le répondeur.
Le mot tomber n'est pas une méprise
Même s'il ne laisse pas sans surprise
Répondeur est un bien grand mot me direz vous
Plutôt enregistreur
et si l'on disait pour compliquer le tout
Répondeur -Enregistreur.
Vous semblez perplexe
Vous n'aimez pas du tout
Peut être que je le vexe
Le traiter ainsi, au rang d'une machine
Simple répondeur, je l'imagine
Mais enregistreur, quelle horreur!
Et si de colère il coupait le son
Le nôtre bien entendu
Puisque du sien, il n'est question
Le problème est ardu.
Quand je pense qu'il est dit
Des mauvaises langues, j'en suis marrie
Que personne n'écoute personne!
Et pourtant lorsque ça sonne
Qui répond?
Votre ami, de jour comme de nuit
Et pas question de mauvais caractère
Il se pourrait qu'il vous apostrophe
Phrases simples et claires
Sinon garde, il répèterait le contraire.
De n'avoir pas compris sa fonction
Vous pourriez être sanctionné
Une si belle invention
Nous doit d'être attentionné
Ainsi je dois me taire
Sinon je serai traitée
Comme mes ainés, d'arriérée
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