Triste soir, soir de désespoir, désespoir d'une maman qui a perdu son enfant. Ce soir je pleure, ce soir j'ai peur. Peur d'oublier ton rire, ton sourire, ta tête penchée sur le côté lorsque tu te faisais très doux. Bientôt 2 ans, je n'arrive pas à oublier, je n'arrive pas à ne plus penser à toi. Les larmes coulent et roulent depuis ce 11 août 2005 à 20H14mn, heure à laquelle le téléphone a sonné.
L'amour pour moi est arrivé, il n'a rien effacé, rien gommé, il me permet seulement d'avoir envie de continuer pour moi et plus pour les autres, même s'ils sont là à chaque instants à chaque moment , même si c'est doux de savourer leur présence. La perte d'un enfant à ceci de particulier, le temps n'existe plus il se confond avec le néant avec l'inexistant et c'est un effort surhumain que l'on doit faire pour se souvenir que le temps existe, qu'il peut passer tranquillement sans pour autant cesser d'exister. Voilà ce soir est un soir d'été qui ressemble à l'hiver, l'air est chaud mais j'ai froid, loin de toi, de ce qui t'appartiens là où tu es, car tu es quelque part je le sais je le sens dans mon âme, dans mon coeur de maman, la mort ne peut pas être le néant sinon à quoi servirait tout ce temps à germer, à être, à sentir bien au chaud en attendant le moment d'exister à l'air libre. Triste soir, j'attends demain l'aube sera peut être bienveillante envers une maman au coeur de cristal nervuré, craquelé jusqu'à éclaté.
Il y a quelques mois j'ai gagné un voyage, je pouvais emmener une personne avec moi,alors je t'ais demandé à toi ma petite Fée si tu voulais bien m'accompagner. C'est ainsi que par un samedi froid et pluvieux nous avons pris l'avion. Le lendemain, le soleil était déjà levé à notre réveil et la mer se balançait doucement à quelques mètres de l'hôtel. C'était une vision magique, apaisante et je me suis précipitée vers toi pour que tu te lèves et vois aussi toute cette beauté. La semaine a été superbe, avec des découvertes archéologiques, humaines, et des paysages qui constituent des souvenirs plein notre besace.
Nous étions bien toutes les deux, tout en équilibre et en harmonie, même si nous avons eu un dérèglement intestinal pendant 2 jours, cela fait partie des aléas d'un voyage. Nous avons aussi fait connaissance avec d'autres personnes, c'est important les relations humaines, c'est ce qui donne notre part d'humanité, le regard que l'on porte sur l'autre.
Aujourd'hui, les souvenirs plein la tête et des photos par dizaine, je suis heureuse d'avoir partagé ce moment de vie avec toi, cela nous a fait du bien à toutes les deux de rire, de s'extasier devant le génie architectural d'artistes d'il y a plusieurs siècles, de se laisser aller à la chaleur, à la lumière du soleil, sans penser à rien d'autre qu'au moment présent.
Je voulais te remercier pour ce voyage qui bien au delà du fait qu'il a existé m'a permis aussi d'avancer dans ma reconstruction, de cheminer et d'apprivoiser à nouveau peut être un jour le bonheur.
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